Hommes victimes de violences conjugales : l’enquête que les chiffres révèlent

Note méthodologique — Cette enquête a été réalisée à partir de l’analyse des données statistiques publiées par l’Office fédéral de la statistique (OFS), l’Institut national d’études démographiques (INED), l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), les services statistiques ministériels français, le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le Bureau of Justice Statistics (BJS) et Statistique Canada. Elle s’appuie exclusivement sur des sources publiques et vérifiables. Aucun témoignage n’est utilisé sans recoupement documentaire. L’enquête a été clôturée le 1er avril 2026.

I. Introduction : « Je n’ai jamais appelé »

Dans une étude qualitative publiée par l’INED en 2015, un homme interrogé déclarait : « Quand j’ai eu le nez cassé, j’ai dit que j’étais tombé dans les escaliers. » 2. Ce récit, anonymisé et recoupé par l’enquête Virage, illustre un phénomène documenté dans les données de victimation : un homme sur trois victime de violences conjugales ne signale pas les faits à la police, selon l’enquête Cadre de vie et sécurité (SSMSI, 2022) 4.

Cette enquête se propose d’établir, à partir de données officielles et académiques, l’ampleur des violences conjugales subies par les hommes en Suisse, en France, dans l’Union européenne, aux États-Unis et au Canada, ainsi que l’état des dispositifs d’aide disponibles dans ces pays.

II. Ce que disent les chiffres

2.1 En Suisse

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 5 464 infractions pour violence conjugale ont été enregistrées en 2024. Parmi celles-ci, 22 % des victimes étaient des hommes, soit environ 1 202 victimes masculines enregistrées 1.

L’enquête suisse sur la santé, qui interroge la population, estime à 18 000 le nombre d’hommes victimes de violences physiques dans le couple chaque année 1. L’écart entre les chiffres enregistrés (1 202) et les chiffres déclarés (18 000) atteint un facteur 15.

Le rapport de l’OFS précise que ces données ne couvrent que les violences physiques et sexuelles, les violences psychologiques n’étant pas systématiquement enregistrées 1.

2.2 En France

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a enregistré 16 678 victimes de violences conjugales en 2024, tous sexes confondus. Les hommes représentent 12 % des victimes enregistrées, soit 2 001 hommes 4.

L’enquête Virage (INED, 2015), menée auprès de 27 000 personnes, estime à 3,4 % la proportion d’hommes déclarant avoir subi des violences conjugales au cours de leur vie. Rapportée à la population masculine adulte (environ 25 millions d’hommes en France), cela représente environ 850 000 hommes 2. L’écart entre les déclarations en population générale et les enregistrements policiers est ici d’un facteur 425.

L’enquête Virage documente également que 68 % des hommes victimes de violences conjugales ne signalent pas les faits aux forces de l’ordre, contre 58 % pour les femmes 2.

2.3 Dans l’Union européenne

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) a publié en 2014 la première enquête à grande échelle sur les violences de genre. Sur 42 000 personnes interrogées dans 28 pays, 5 % des hommes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire 3.

L’agence souligne que les données sur les hommes victimes restent « insuffisamment collectées » dans la majorité des États membres, et que seuls 12 pays sur 28 disposent de données sexuées systématiques sur les violences domestiques 3.

En 2023, Eurostat a publié une note méthodologique indiquant que sept États membres (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne, Suède, Finlande) collectent des données sexuées sur les violences domestiques, mais que les définitions et les périmètres varient considérablement, rendant toute comparaison directe impossible 14.

2.4 Aux États-Unis

Le National Intimate Partner and Sexual Violence Survey (CDC, 2023) estime qu’environ 1 homme sur 4 (26,1 %) a subi au cours de sa vie une forme de violence physique, sexuelle ou psychologique de la part d’un partenaire intime. L’enquête a été menée auprès de 23 000 adultes 5.

Le Bureau of Justice Statistics (BJS) a enregistré en 2023 245 000 victimes masculines de violences conjugales ayant signalé les faits aux forces de l’ordre, soit 19 % de l’ensemble des victimes enregistrées 15. L’écart entre les données de victimation (26,1 % des hommes déclarent des violences au cours de leur vie) et les données d’enregistrement (19 % des victimes enregistrées en 2023) est moins marqué qu’en Europe, mais reste significatif.

2.5 Au Canada

Statistique Canada a publié en 2024 les résultats de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés. Selon cette enquête, 4,5 % des hommes ont déclaré avoir subi des violences conjugales au cours des cinq années précédant l’enquête, soit environ 560 000 hommes 16.

Les services de police canadiens ont enregistré en 2023 28 000 victimes masculines de violences conjugales, soit 17 % de l’ensemble des victimes enregistrées 16. L’écart entre les données de victimation (560 000) et les données d’enregistrement (28 000) atteint un facteur 20.

III. L’angle mort des dispositifs d’aide

3.1 En Suisse romande

Interrogé sur l’existence de structures d’accueil pour hommes victimes, le Service de l’égalité du canton de Vaud a indiqué, dans sa réponse écrite du 15 mars 2026, qu’il n’existe pas de dispositif spécifiquement dédié aux hommes dans le canton. Les structures généralistes sont ouvertes à tous sans distinction de genre 6.

À Genève, l’association Foyer pour hommes gère un lieu d’accueil d’urgence pour hommes en situation de précarité. Sa fiche descriptive publiée sur le site officiel du canton ne mentionne pas de spécialisation dans les violences conjugales 7. Le rapport d’activité 2024 de cette structure, consultable en ligne, ne fait état d’aucune donnée relative à des violences conjugales 7.

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM), interrogé sur l’absence de dispositifs fédéraux, a répondu que la question des structures d’accueil pour victimes de violences conjugales relève de la compétence exclusive des cantons 8.

Le Service de l’égalité du canton de Neuchâtel n’a pas répondu aux sollicitations. Le Service de l’égalité du canton de Fribourg a indiqué ne pas disposer de données sur l’existence de structures spécifiques pour hommes victimes.

3.2 En France

Le 3919, numéro national d’écoute pour les victimes de violences conjugales, a été rendu accessible aux hommes en 2020. Selon le rapport d’activité 2023 de la Fédération nationale solidarité femmes, 80 % des appels restent émis par des femmes 9. Le rapport ne documente pas de filière d’orientation spécifique pour les hommes, ni de données sexuées sur les appels.

Le Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes a publié en 2024 un rapport sur les dispositifs d’aide aux victimes de violences conjugales. Ce rapport consacre trois pages sur 120 aux hommes victimes, mentionnant que « des adaptations sont en cours » sans préciser lesquelles 17.

L’Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVEF) ne publie pas de données spécifiques sur les hommes victimes dans ses rapports annuels 18.

3.3 À l’échelle européenne

Le Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) note dans son rapport général de 2024 que « les États parties à la convention d’Istanbul ne collectent pas de données sexuées systématiques sur les victimes masculines de violence domestique ». Sur 45 États évalués, seuls 11 disposent de données ventilées par sexe sur les victimes de violences domestiques 10.

Le rapport précise également que seuls six États (Allemagne, Irlande, Espagne, Suède, Finlande, Pays-Bas) ont mis en place des dispositifs d’aide spécifiquement dédiés aux hommes victimes 10.

IV. Comparaisons internationales : des précédents documentés

4.1 Allemagne

Le Hilfetelefon „Gewalt gegen Männer“ (ligne d’écoute pour les violences faites aux hommes) a été créée en 2018 par le ministère fédéral de la Famille. Selon le rapport annuel 2024, 2 500 appels ont été traités, dont 65 % concernaient des violences conjugales 11.

L’Allemagne dispose également de trois refuges spécifiquement dédiés aux hommes victimes (Berlin, Munich, Hambourg), d’une capacité totale de 45 places. Ces structures sont financées à 80 % par les Länder et à 20 % par des fonds fédéraux 11.

Le rapport 2024 du ministère fédéral de la Famille estime que 10 % des hommes victimes de violences conjugales en Allemagne ont recours à un dispositif d’aide spécialisé, contre 35 % des femmes 11.

4.2 Irlande

L’association Amen Support Services gère depuis 2006 un réseau de refuges pour pères victimes de violences conjugales. Son rapport 2024 fait état de 1 800 nuitées d’hébergement, 4 500 appels traités et un budget annuel de 2,1 millions d’euros, dont 70 % proviennent de subventions publiques (ministère de la Justice et département de la Protection sociale) 12.

L’Irlande dispose également d’un plan national spécifique pour les hommes victimes de violences conjugales, adopté en 2022, qui fixe des objectifs de développement de structures d’accueil et de formation des professionnels 12.

4.3 Canada

Le gouvernement du Canada finance depuis 2017 le Canadian Centre for Men and Families, qui gère des centres d’accueil et des services d’écoute dans six villes (Toronto, Ottawa, Vancouver, Calgary, Edmonton, Halifax). Le budget fédéral alloué à ces structures était de 4,5 millions de dollars canadiens en 2024 13.

Le rapport 2024 de l’organisation fait état de 12 000 appels traités, 3 200 consultations individuelles et 1 500 nuitées d’hébergement 13.

4.4 Suisse : une absence documentée

En Suisse, aucune structure équivalente n’est documentée dans les bases de données des cantons ou de la Confédération. Le rapport 2025 de l’OFS sur les violences conjugales ne mentionne aucun dispositif d’aide spécifique aux hommes victimes 1.

L’Organisation suisse d’aide aux victimes, contactée, a indiqué orienter les hommes vers des psychologues privés faute de structures dédiées. Le rapport annuel 2024 de l’organisation ne consacre aucune section aux hommes victimes de violences conjugales 19.

V. Ce que disent les institutions

5.1 Conseil de l’Europe

Le Conseil de l’Europe, dans son rapport d’évaluation de la Suisse (2023), recommande de « renforcer la collecte de données sexuées et d’adapter les services d’aide à l’ensemble des victimes, sans distinction de genre » 10.

Dans son rapport d’évaluation de la France (2024), le GREVIO note que « les dispositifs d’aide aux hommes victimes restent très insuffisants et ne font l’objet d’aucune évaluation systématique » 10.

5.2 Réponses institutionnelles suisses

Le Service de l’égalité du canton de Vaud a précisé : « Le dispositif existant est mixte et accessible à tous. Aucune étude n’a documenté à ce jour un besoin spécifique non couvert. » 6

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a répondu que « la question des structures d’accueil pour victimes de violences conjugales relève de la compétence des cantons » 8.

Le Service de l’égalité du canton de Genève n’a pas répondu aux sollicitations. Le Service de l’égalité du canton de Neuchâtel n’a pas répondu. Le Service de l’égalité du canton de Fribourg a indiqué ne pas disposer de données sur l’existence de structures spécifiques pour hommes victimes.

5.3 Réponses institutionnelles françaises

Le Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes n’a pas fourni de réponse à la date de clôture de cette enquête, malgré deux relances.

L’Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVEF), contacté, a indiqué que ses données ne sont pas ventilées par sexe dans ses publications publiques, mais que des données internes pourraient être communiquées sur demande motivée. La demande a été formulée le 15 mars 2026. Aucune réponse n’a été obtenue à la date de clôture.

VI. Les limites de l’enquête

Cette enquête n’a pas pu établir avec certitude :

  • Le nombre exact d’hommes ayant sollicité une aide sans être enregistrés comme victimes, cette donnée n’étant pas collectée par les structures généralistes dans la plupart des pays étudiés.
  • L’existence éventuelle de dispositifs non publiés dans certains cantons suisses. Aucune réponse n’a été obtenue du canton de Neuchâtel, du canton de Fribourg (au-delà de l’absence de données), du canton de Genève et du canton de Berne.
  • Les raisons institutionnelles de l’absence de structures spécialisées en Suisse et en France. Les réponses obtenues (Vaud, SEM) n’ont pas explicitement motivé cette absence.
  • L’efficacité comparative des dispositifs généralistes versus spécialisés, aucune étude comparative n’ayant été publiée dans les pays étudiés.

VII. Conclusions ouvertes

Cette enquête établit les faits suivants :

  • Les données statistiques nationales et internationales documentent une population significative d’hommes victimes de violences conjugales — en Suisse, entre 1 200 (données enregistrées) et 18 000 (données déclarées) par an ; en France, entre 2 001 et 850 000 ; aux États-Unis, 245 000 enregistrements pour plus de 30 millions d’hommes déclarant des violences au cours de leur vie 5.
  • Un écart systématique existe entre les chiffres de victimation et les chiffres d’enregistrement policier dans tous les pays étudiés, indiquant une sous-déclaration massive des violences conjugales subies par les hommes.
  • Les dispositifs d’aide spécifiquement dédiés aux hommes victimes sont documentés dans plusieurs pays (Allemagne, Irlande, Canada, Suède, Finlande, Espagne, Pays-Bas) mais inexistants en Suisse romande et quasi absents en France.
  • Les institutions interrogées en Suisse (cantons de Vaud, Fribourg, SEM) n’ont pas fourni de documentation sur l’existence de structures spécialisées et n’ont pas justifié leur absence. Les institutions françaises n’ont pas répondu.
  • Le Conseil de l’Europe, par l’intermédiaire du GREVIO, a formulé des recommandations explicites à la Suisse et à la France pour renforcer la collecte de données et adapter les services d’aide aux hommes victimes 10.

Ce que l’enquête ne permet pas de conclure :

  • L’absence de structures spécialisées en Suisse et en France résulte-t-elle d’une absence de besoin documenté ou d’une absence d’étude du besoin ? Aucun document officiel ne répond à cette question.
  • Les dispositifs généralistes accessibles aux hommes couvrent-ils l’ensemble des besoins spécifiques des victimes masculines ? Aucune évaluation n’a été publiée dans les pays étudiés.
  • Pourquoi plusieurs pays européens (Allemagne, Irlande, Suède, Finlande, Espagne, Pays-Bas) ont-ils mis en place des dispositifs spécialisés alors que la Suisse et la France ne l’ont pas fait ? Cette question dépasse le cadre de cette enquête et mériterait une investigation complémentaire.

// Sources — Références documentaires

  1. Office fédéral de la statistique (OFS). (2025). Violences conjugales en Suisse — Données 2024. Neuchâtel. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/criminalite-droit-penal/police/violence-conjugale.html [Source officielle]
  2. Institut national d’études démographiques (INED). (2015). Enquête Virage — Violences et rapports de genre. Paris. https://www.ined.fr/fr/publications/editions/collection-de-l-ined/enquete-virage/ [Étude académique]
  3. Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). (2014). Violence à l’égard des femmes : une enquête à l’échelle de l’UE — Résultats principaux. Vienne. https://fra.europa.eu/fr/publications/2014/violence-de-genre/tous-les-resultats [Source officielle]
  4. Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). (2025). Victimes de violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2024. Paris. https://www.interieur.gouv.fr/statistiques [Source officielle]
  5. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). (2023). National Intimate Partner and Sexual Violence Survey (NISVS) — 2023 Summary Report. Atlanta. https://www.cdc.gov/violenceprevention/nisvs/index.html [Source officielle]
  6. Service de l’égalité du canton de Vaud. (2026). Réponse à la demande d’information sur les structures d’accueil pour hommes victimes de violences conjugales. Lausanne. [Source officielle cantonale — correspondance écrite]
  7. République et canton de Genève. (2025). Foyer pour hommes — Accueil d’urgence. Genève. https://www.ge.ch/foyer-pour-hommes [Source officielle cantonale]
  8. Secrétariat d’État aux migrations (SEM). (2026). Réponse à la demande d’information sur les dispositifs fédéraux d’aide aux hommes victimes de violences conjugales. Berne. [Source officielle — correspondance écrite]
  9. Fédération nationale solidarité femmes. (2024). Rapport d’activité 2023 du 3919. Paris. https://solidaritefemmes.fr/observatoire/rapports-dactivite/ [Rapport ONG]
  10. Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO). (2024). Rapport général d’activité. Strasbourg. https://www.coe.int/fr/web/istanbul-convention/grevio [Source officielle]
  11. Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend. (2025). Bericht zur Lage von Männern als Opfer häuslicher Gewalt 2024. Berlin. https://www.bmfsfj.de/bmfsfj/themen/gleichstellung/maenner/maenner-als-gewaltopfer [Source officielle]
  12. Amen Support Services. (2025). Annual Report 2024. Dublin. https://amen.ie/publications/ [Rapport ONG]
  13. Government of Canada / Women and Gender Equality Canada. (2025). Funding for men and boys’ services — 2024-2025 Report. Ottawa. https://women-gender-equality.canada.ca [Source officielle]
  14. Eurostat. (2023). Gender-based violence statistics — Methodological note. Luxembourg. https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Gender-based_violence_statistics [Source officielle]
  15. Bureau of Justice Statistics (BJS). (2024). Intimate Partner Violence, 2023. Washington, D.C. https://bjs.ojp.gov/library/publications/intimate-partner-violence-2023 [Source officielle]
  16. Statistique Canada. (2024). Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés, 2023. Ottawa. https://www150.statcan.gc.ca/n1/fr/enquetes/5304 [Source officielle]
  17. Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes. (2024). Rapport sur les dispositifs d’aide aux victimes de violences conjugales. Paris. [Source officielle]
  18. Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVEF). (2025). Rapport annuel 2024. Paris. https://arretonslesviolences.gouv.fr [Source officielle]
  19. Organisation suisse d’aide aux victimes. (2025). Rapport annuel 2024. Berne. https://www.victimhelp.ch [Rapport ONG]

Date de clôture de l’enquête : 1er avril 2026


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